Tanguy Auspert, Echevin du Patrimoine. Ville de Namur

Eglise Saint Loup : les cloches sonnent !


21.03.2025 - Depuis plus de quarante ans, les cloches de l’église Saint-Loup à Namur étaient plongées dans un profond sommeil. Les belles endormies en ont été sorties par le curé de la paroisse, avec le soutien de la Ville de Namur et le talent d’Olivier Baudri, artisan campanaire. Les cloches sonneront de 9 à 21h, à l’heure et à la demi-heure ainsi que, bien sûr, pour les offices. Quelques réglages sont encore nécessaires.



En tant qu'Echevin du Patrimoine et des Cultes, je prends particulièrement à cœur cette restauration.
Préserver notre patrimoine est pour moi essentiel afin de transmettre notre histoire aux générations futures et que rien ne sombre dans l’oubli.

Je vous invite à lire l'[article que le site du Diocèse de Namur a consacré à cette restauration, sous la plume de Mme Christine Bolinne.]

(...) Lorsque le chanoine Xavier Van Cauwenbergh, curé de l’église Saint-Loup, a entendu, pour la première fois, une des cloches de cette église située dans le cœur historique de Namur sonner, il était ému. Une émotion mêlée de joie.

Il y a un peu plus d’un an, lorsque le chanoine Van Cauwenbergh a été nommé archiprêtre de la cathédrale Saint-Aubain, paroisse Saint-Jean l’Evangéliste et curé de la paroisse Saint-Loup, il a tenu à visiter les édifices. Une visite « de la cave au grenier » comme cet amateur de choses anciennes n’hésite pas à la qualifier. A l’église Saint-Loup, il a été surpris de découvrir des cloches… muettes. Immédiatement, il a eu envie de leur rendre vie.

L’Echevin Tanguy Auspert qui a notamment, pour la Ville de Namur, le patrimoine et les cultes dans ses attributions a lui aussi été séduit comme le Conseil de fabrique et l’association Les Amis de Saint-Loup. Et lorsque la décision de faire à nouveau sonner ces cloches a été prise, le curé était comblé. « Les cloches, c’est la vie. » confie-t-il.

Olivier Baudri, artisan campanaire, pour qui la plupart des clochers de Wallonie n’ont plus de secrets a examiné la tour qui abrite ces six cloches. Une tour moins haute que celles que l’on trouve habituellement. Une autre de ses particularités, elle est située à l’arrière de l’édifice bâti par les pères jésuites. La charpente est en très bon état tout comme les supports qui tiennent les cloches. L’avenir des cloches s’annonçait donc sous les meilleurs auspices. Dans leur atelier de Tellin, Olivier Baudri et son fils ont notamment préparé les attaches qui vont soutenir les moteurs avant d’investir le clocher.


Photos Maxime Bollen


Des cloches sur deux niveaux

Vu la taille relativement réduite de la tour et la présence, sur deux niveaux, d’abat-sons, les cloches ont été à leur installation accrochées… sur deux niveaux : quatre au premier niveau et deux autres, les plus imposantes, tout en haut. Toutes sont équipées de moteurs distincts, elles peuvent donc être actionnées séparément. Les deux plus grosses cloches sonnent à la volée contrairement aux quatre autres qui, pour se faire entendre, doivent être frappées par un marteau. Des cloches programmées et qui pourront être actionnées à distance. Elles seront aussi réduites au silence lors des concerts qui se déroulent dans cette église, véritable chef d’œuvre de l’époque baroque.

Ces six cloches viennent d’être rejointes par une septième. Il s’agit d’un don. Philippe Dufrêne, amoureux de Namur – il était un guide passionné et passionnant de la ville de Namur – était aussi un collectionneur de cloches. Philippe Dufrêne, aujourd’hui décédé, était membre de l’Association Campanaire de Wallonie et membre fondateur de l’asbl Les Amis de Saint-Loup. Il a ainsi fait don de la pièce majeure de sa collection. Une cloche de 180 kg datant de 1423 venue du plateau de Langres en France. Elle sera, comme le veut la coutume, baptisée prochainement. C’est la cloche Joséphine qui a ainsi été montée et installée dans le clocher.

Si le chanoine Van Cauwenbergh a été ému en entendant sonner la première cloche, il en était de même pour Olivier Baudri. Lui aussi est un véritable passionné : « Cela fait 35 ans que je ne travaille pas ! » dit-il. Un métier de touche à tout, il faut être à la fois électricien, menuisier, s’y connaître en électronique… Sportif également. Chaque jour, les artisans campanaires grimpent et descendent des centaines de marches. « Le plus dur a été, ici, d’obtenir une autorisation de stationnement pour la camionnette. » ajoute, avec humour, Olivier Baudri. Et d’ajouter : « on découvre des endroits que personne ne voit. » Ce n’est pas le cas ici à Saint-Loup mais, à bien des reprises, il a découvert des inscriptions gravées sur les murs des clochers. Les auteurs ? Des personnes qui, durant les guerres, ont été cachées dans ces endroits pour échapper à l’envahisseur. (...)


Eglise Saint Loup : les cloches sonnent !